Communiqué de presse | 27 Juillet 2018 | Usurpation de signes réservés à l’autorité publique : une autre dérive individuelle non sanctionnée…

Photo : SudOuest.fr
Le 2 septembre 2017, Germinal Peiro, président du département de la Dordogne, arborait sans aucun droit une écharpe de député dans une manifestation publique. 
L’information relayée par le journal Sud-ouest est alors restée au niveau local. Alerté seulement au bout de deux mois, François de Rugy, président de l’Assemblée nationale, confirmait par courrier du 21 novembre que ce délit est susceptible de faire l’objet d’une sanction au titre de l’article 433-14 du code pénal qui prévoit un an d’emprisonnement et 15000 euros d’amende

Alors que les autorités de l’Etat et le Ministre de l’intérieur Gérard Collomb étaient informés du délit, elles n’ont pas saisi la justice. Le procureur de la République de Périgueux, a reçu le 11 avril 2018 une plainte de citoyens. Il n’a procédé à aucune poursuite. 

Germinal Peiro (65 ans) a une obsession qu’il manifeste depuis au moins 1991, où il était jeune conseiller général socialiste de la Dordogne : il voit dans son village d’enfance de Beynac en Dordogne des camions imaginaires créer des bouchons qui lui sont insupportables. 

Le délit qu’il a commis avait un objectif précis : faire pression sur les autorités et la population pour faire approuver le projet de sa vie : une route déviant Beynac avec deux ponts sur la Dordogne. 

Germinal Peiro était député socialiste jusqu’à l’élection de juin 2017. Il ne s’est pas représenté pour cause de cumul avec son nouveau mandat de président du département de la Dordogne, et son poulain a obtenu 6% des voix. Le 2 septembre, il organise une manifestation à Beynac pour donner l’aura officielle de la République à son projet personnel : il faut qu’il porte une écharpe républicaine ! N’ayant aucun mandat qui le lui permette, il arbore son ancienne écharpe de député. Et cela fonctionne : même si la consultation démocratique avec une participation exceptionnelle donne 12% de partisans de son projet contre 88% qui le rejettent, les commissaires enquêteurs complaisants lui donnent un avis favorable en octobre 2017, et la Préfète de la Dordogne Anne-Gaëlle Baudoin-Clerc autorise les travaux le 19 janvier 2018. 

Stéphane Bern a dénoncé le comportement d’un seigneur féodal qui multiplie les pressions (9 février 2018). Comme l’immense majorité des Périgourdins et des touristes, il considère que la route et les ponts de Germinal Peiro sont une catastrophe écologique dans le site célèbre de Beynac classé par l’UNESCO.  En outre leur utilité est nulle, les bouchons dans Beynac n’existant que dans les souvenirs de M. Peiro : depuis l’inauguration d’un élargissement en juin 2017, il n‘y en a eu aucun. La commune de Beynac-et-Cazenac est la seule commune de France à refuser une déviation. 

Mais M. Peiro continue à bénéficier d’appuis dans l’appareil d’Etat : 

Saisie par le Maire de Beynac le 25 avril 2018 au sujet de la création par Germinal Peiro sur la nouvelle déviation de deux dangereux points noirs de sécurité, non conformes aux recommandations de conception routière, la Préfète Anne-Gaël Baudoin Clerc répond au bout de deux mois que le maire n’a qu’à s’adresser à … Germinal Peiro.

Le 11 juillet 2018, la Ministre de la culture Françoise Nyssen reçoit une demande provenant de la fédération nationale Patrimoine-environnement : celle–ci lui demande de protéger à titre conservatoire pendant un an, le temps d’études approfondies, un exceptionnel bassin gallo-romain (un frigidarium) trouvé sur le trajet de la déviation.  Le 16 juillet, le service archéologique départemental dépendant de Germinal Peiro endommage fortement ce bassin, sans justification sérieuse. Aucune réaction du Ministère de la culture pour qui M. Peiro paraît intouchable. 

Germinal Peiro fonce. Devant les micros, il continue à énumérer des camions que ne voient pas les caméras de comptage, et cite le soutien à son projet de Gérard Collomb, Nicolas Hulot et Françoise Nyssen…

Bien que les travaux sur la Dordogne ne puissent pas commencer avant septembre, et que seule petite partie du coût énorme de son projet inutile soit dépensée, il répète encore le 25 juillet qu’il n’y aura pas de retour en arrière…. 



Communiqué de presse de l’association « Sauvegarde de la vallée Dordogne »
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