Le classement UNESCO de la vallée est méprisé par l’organisme même qui est chargé de le mettre en œuvre : l’établissement public de la Dordogne (EPIDOR), présidé par Germinal Peiro.

La passivité d’EPIDOR face au projet de déviation de Beynac
porte atteinte à la Réserve de Biosphère UNESCO

Par ce séminaire, EPIDOR montre qu’au déterminisme incontournable du présent il préfère le futur flou de 2050 ! Il y a moins de risque à en parler, ça n’engage personne. Qui parmi les personnes présentes seront encore là pour porter les engagements que vous prendrez aujourd’hui ?
Le label « Réserve de Biosphère » fut décerné au « Bassin de la Dordogne » en 2012 avec EPIDOR comme organisme gestionnaire. Un organisme longtemps actif. Mais face au projet de déviation de Beynac, EPIDOR n’a pas rempli sa mission et a mauvaise conscience, car il n’a pas respecté les fondamentaux d’une Réserve de Biosphère.
Ce label lui donnait l’obligation morale de ménager la vallée de la Dordogne, non de l’aménager ! Du moins à la manière de ce type de grand projet sacrifiant tout au mythe de la bagnole ! 

Pourtant, quand on ouvre le portail Internet d’EPIDOR, que lit-on en gros caractères :
« Les Réserves de Biosphère sont des lieux d’apprentissage du Développement Durable ! Des lieux où se testent des démarches novatrices conciliant la conservation de la biodiversité, la valorisation culturelle et le développement économique et social. »
Mais où se trouve la démarche novatrice d’un projet tel que la déviation de Beynac ? Où est l’esprit du développement durable dans cette grosse infrastructure ? Qu’est-elle donc sinon un projet obsolète qui va notamment stériliser plusieurs dizaines d’hectares de terres fertiles, réduire des habitats classés Natura 2000, mettre en danger nombre d’espèces protégées et défigurer le paysage d’une vallée pourtant protégée par la loi ?
EPIDOR fait profil bas, tandis que ce contournement avec ses 3,5 km de bitume, ses deux ponts sur la rivière et son tunnel sous voie ferrée, va transgresser sans état d’âme la zone centrale et la zone tampon de la réserve de biosphère « Bassin de la Dordogne » ! Des zones dont les statuts sont pourtant clairement gravés sur les tablettes de l’UNESCO :
  • Zone centrale : strictement protégée, pour la protection des paysages, des écosystèmes et des espèces ;
  • Zone tampon : entoure et renforce la zone centrale, avec des activités écologiquement viables, notamment d’éducation, de formation et de recherche scientifique. 

Bref, on aurait aimé entendre EPIDOR suggérer au Département une alternative plus douce, plus écologique, en accord avec l’histoire et les nécessités de notre temps.
Par exemple, l’optimisation de la voie ferrée existante avec la réouverture de la gare de Castelnaud-Fayrac (ou Vézac) et un arrêt au Pré de Cordy, un réseau de navettes électriques pour desservir les sites touristiques de la vallée, des locations de vélos, des bioparkings de délestage aux extrémités de la vallée, etc.